Étape du jour : 77km / Cumul : 384km / 5ème jour de vélo / Ce soir, je dors à : Schwaan (Allemagne)

Début de journée sur les chapeaux de roues : en remballant mes affaires sous la pluie, et donc avec ma capuche sur la tête, je me suis cognée la tête bien comme il faut dans le shelter voisin. Aïe… mais plus de peur que de mal, je n’ai qu’une toute petite bosse qui ne se voit plus. Après cet accident, j’ai décidé de continuer à ranger mes affaires avec mon casque de vélo, on n’est jamais trop prudent.

Pour prendre la route aujourd’hui, c’était tenue de pluie obligatoire. L’objectif du jour étant de rejoindre l’Allemagne, on a décidé avec Claudia de faire la route ensemble pour se motiver. Ça a marché, on a roulé droit devant nous sans réfléchir et à 13h30 on était à Gedser, ville tout au sud du Danemark. J’ai étonnement passé un très bon moment, ma bonne humeur était prête à affronter toutes les épreuves aujourd’hui !

Après avoir eu du mal à s’orienter dans le port (les panneaux s’arrêtent brusquement à l’entrée, comme si c’était évident à partir d’ici… alors que non), on a réussi à trouver comment acheter les billets pour le ferry suivant, qui part dans 10min, ouf ! Les 2 clients danois dans la salle d’attente on bien ri en nous voyant débarquer dégoulinantes de partout et moi j’ai galéré a trouvé un endroit pour ranger mon ticket au sec.

Berlin, 382 !

Il y avait 2 autres cyclotouristes avec nous, un couple assez âgé qui roule jusqu’à sa maison de vacances en Italie à l’aide d’une carte en papier, wahou ! J’en serais incapable… En arrivant dans le ferry, je me suis sentie toute petite dans ce gros bateau, sur mon petit vélo et autour de tout ces immenses poids lourds. La traversée vers Rostock a durée environ 2h, le temps de sécher, de se reposer et de bavarder un peu en regardant la mer. Ocean, le chien, m’a adopté et passé la fin de la traversée à moitié sur mes genoux.

La sortie du ferry a été dingue : bien qu’à l’avant du bateau, on était parqués derrière un poteau au milieu de 8 rangées de camions et  il a fallu tous les laisser sortir, ça en faisait un sacré paquet ! J’étais très impressionnée. La sortie du ferry et du port en vélo a été super, je ne saurais pas vraiment expliquer pourquoi mais se retrouver au milieu d’autant des trucs immenses partout, c’était amusant. On faisait vraiment tache sur nos vélo, on voit bien que ces infrastructures ont été créées pour des véhicules d’une toute autre dimension !

Une fois dans Rostock, je dis au revoir à Claudia pour de bon cette fois, car nos routes se séparent : elle continue sur la côte baltique alors que moi je descends vers le sud. Ça aura été une belle rencontre ! 

Une centrale nucléaire qui me rappelle la Loire à vélo !

Je continue donc ma route sur l’Eurovélo 7, qui s’appelle ici « D11 » mais qui n’est en fait pas signalée du tout, il n’y a que les noms des villes d’indiqués (mais c’est vraiment très bien indiqué jusqu’à présent). Faute de camping plus proche, je dois rouler jusqu’à Schwaan, 30km plus loin. Il est déjà 16h30 donc je ne traîne pas trop, surtout que le temps menaçant même s’il ne pleut plus.

Le couple du ferry roule juste devant moi et j’ai du mal à les suivre. Je pense qu’ils vont au même camping que moi. Après quelques kilomètres, je les double et je les largue carrément. Je découvre l’Allemagne et pour l’instant ça me plaît bien. 

Pour les 10 dernières kilomètres, il se remet à pleuvoir assez fort et il y a de belles cotes. En fin de journée ça pique ! Par contre, je ne sais pas si c’est l’effet pluie/pantalon de pluie ou si je m’habitue mais je n’ai quasiment pas mal aux fesses. 

Je finis par arriver au camping et je vis un petit moment de solitude : la réception est fermée, je déchiffre grâce à Google traduction que dans ce cas il faut sonner, ce que je fais et on me répond, mais je ne comprends pas la réponse et la personne me raccroche au nez avant que j’aie eu le temps de le signaler. Je décide de rester devant la porte en essayant de me convaincre que j’ai bien compris « yes, I come ». J’ai raison car après quelques minutes la dame débarque.

Alors que depuis le début on me prend pour une allemande, l’allemande de la réception a pensé que j’étais danoise ou suédoise. Elle me donne un badge et m’explique comment fonctionne la douche et ça m’a l’air bien bizarre.

Je vais monter ma tente, c’est la 1ère fois et c’est moins simple qu’avec l’ancienne. J’y arrive quand même et c’est tout petit la dedans ! Bien suffisant pour moi, mais ça me fait drôle. 

Je fonce ensuite à la douche (au passage, le couple est à la réception, j’avais raison !) Pour cette fameuse douche, il faut donc poser le badge sur le support pour avoir le droit à 1 minute d’eau. Ensuite, il faut attendre 30 secondes pour avoir le droit à une nouvelle minute d’eau. Ok… je démarre ma minute de douche et la lumière de la salle de bain s’éteint. La suite se fera donc dans le noir. Je me savonne pendant la pause de 30 secondes puis je réactive. C’est largement suffisant ! Mais après cette journée sous la pluie, c’est tellement génial d’être sous la douche que je décide de m’offrir une 3eme minute. C’est là que je comprends l’ingéniosité du système : quand on a plus besoin d’eau, c’est pénible d’attendre pour rien. Bref, économe ou radin ? Je ne sais pas… mais après cette douche dans le noir j’ai plutôt tendance à dire radin !

Photo souvenir de la boîte à douche… prise avec le flash puisque j’étais dans le noir

Cette nuit et pour la 1ère fois du voyage, je dormirai dans ma tente. Je pense que je passerai une meilleure nuit, j’adore mon petit espace, mais j’espère surtout avoir moins froid que dans les shelters ! À suivre…