Étape du jour : 80km / Cumul : 748km / 10ème jour de vélo / Ce soir, je dors à : Liebenwalde (Allemagne)

Réveil matinal mais difficile car il caille, vivement la hausse des températures… la nuit, il fait entre 3 et 8 degrés en moyenne depuis le début du voyage. Les gamins d’hier soir m’ont fait bien rire à dialoguer avec le coucou jusqu’à tard, mais ce matin je regrette un peu de ne pas avoir mis les boules quies. Départ à 9h30. J’avais bien géré mon temps mais à peine partie, déjà perdue… les panneaux dans Fürstenberg sont vraiment mal foutus, ils me font tourner en rond sur les horribles routes pavées et finalement revenir au point de départ… je peste. 

Au moins le centre-ville est joli… mais quand même !

Je finis par retrouver mon chemin et j’arrive dans un endroit que je trouve vraiment glauque, il me met assez mal à l’aise… pourtant je suis certaine d’être sur la bonne voie, les panneaux sont très claires. Je continue un peu ma route et je vois des bâtiments qui ne m’inspirent rien de bon, on dirait des vieilles usines… après quelques minutes j’ai un doute. Je vérifie sur Google Maps et mes soupçons se confirment : je suis en train de longer un ancien camps de concentration, celui de Ravensbrück (Simone Veil y a été déportée). Brrr, ça fait tout drôle de voir ça en vrai, surtout en tombant dessus par hasard… j’hésite à faire demi-tour pour visiter, et puis comme je suis mal lunée depuis ce matin je renonce, je ne suis pas dans le bon état d’esprit. Rien que voir ces bâtiments, ça me démoralise.

J’entame ensuite une grande ligne droite monotone dans la forêt. Le vent rend tout plus difficile et je suis lassée de ce relief qui ne fait que monter et descendre sans interruption. A la sortie de cette forêt, je fais une pause pour manger dans un petit port.

Je repars et le paysage reste tout aussi monotone. Je roule sur une autre immense ligne droite dans la forêt, puis dans les champs. Ça n’a rien de passionnant alors je tente de mettre un écouteur pour écouter des podcast. Ça passe le temps ! Mais avec le vent j’ai parfois du mal à entendre.

Après plusieurs dizaines de kilomètres, le relief s’adoucit. Fini les bosses ! Ça monte de temps en temps, évidemment, mais fini les successions continues de montées et de descentes. Ça fait du bien ! De temps en temps je croise une écluse, un village ou un lac mais ça reste peu passionnant. Je ressens qu’on approche de Berlin car les cyclistes que je croise sont de moins en moins souriants et cools. Ils ne disent plus rien. D’un côté tant mieux parce que ça me frustre beaucoup quand les gens m’adressent la parole mais que je ne comprends pas. À l’arrêt c’est facile, je précise que je ne parle pas allemand, mais à vélo je n’ai pas le temps et souvent je réponds juste « hallo » ou un sourire alors qu’on vient de dire une phrase complète… c’est dommage.

Je finis le trajet du jour par une ligne droite de 15km au bord d’un canal. C’est beau, mais vraiment, 15km tout en ligne droite… ça me paraît très, très long. J’arrive vers 16h dans une aire de bivouac. Ça ne coûte pas grand chose et ça permet de planter sa tente sur un bout de terrain. Les sanitaires sont en option, il faut des pièces et que je n’en ai que 2… il va falloir optimiser !

Je glande un très long moment dans ma tente avant de me décider à aller me laver et faire ma lessive. Je ne comprends rien au tourniquet pour entrer dans les sanitaires, alors malgré mon ticket valide et le panneau « sous vidéo-surveillance », j’escalade la barrière comme une voleuse.

Je mange vite-fait et je suis au lit avant 21h. Ce soir je sens que mon corps demande du repos, mes jambes sont lourdes, fatiguées… mine de rien ça use, je roule non stop depuis 10 jours. Demain j’arriverai à Berlin, j’y prendrai une petite pause pour visiter. Ça va me faire du bien !