Étape du jour : 75km / Cumul : 1446km / 18ème jour de vélo / Ce soir, je dors à : Litoměřice (Tchéquie)

Je me suis fait une copine dans la salle de bain ce matin, une petite allemande de 5-6 ans la bouche pleine de chocolat. Difficile de communiquer mais ça ne l’a pas dérangé. Elle avait une trousse de toilette La Reine Des Neiges et heureusement Anna, Elsa et Olaf portent les mêmes noms en Allemagne, ça aide. Après ce petit moment mignon, j’ai commencé mon étape en me trompant de sens, comme souvent, on connaît la chanson maintenant… j’ai raté un panneau, la classique. En même temps, avec des panneaux vierge…

C’est à contre-jour mais il n’y a vraiment rien écrit dessus !

Je retrouve ma route adorée au bord de l’Elbe et je suis toujours aussi charmée par le paysage. Ces derniers temps je croise beaucoup de gens faire du roller, du patin à roulettes ou du patinage de vitesse. Hier j’ai même vu un mec faire du ski nordique version été, avec des espèces de longs rollers à deux grandes roues et en utilisant des bâtons. Ce matin j’ai croisé deux mamans pousser les poussettes en rollers. C’est leur truc la glisse !

La trajet se fait tranquillement, sur un revêtement généralement bon, souvent très bon et parfois super nul. On fait avec… le problème du jour, c’est surtout le bruit. Ça fait plusieurs jours que je suis la voie ferrée mais elle ne m’avait jamais autant dérangée qu’aujourd’hui. Il y a énormément de trains, parfois de voyageurs mais le plus souvent de marchandises. Ils sont interminables, je n’avais jamais vu d’aussi longs trains ! Ils transportent des containers ou des voitures.

Ça ne monte pas trop aujourd’hui, mais les quelques côtes à gravir sont très raides, c’est un peu tout ou rien. C’est plat sur les rives de l’Elbe, et puis d’un coup on doit remonter dans la ville et on n’y va par le chemin le plus court : une bonne grosse montée ! Ça, j’avoue, ça me fait râler. Depuis la frontière tchèque je croise aussi beaucoup de petits bunkers, certains sont abandonnés, d’autres transformés en musée ou en autre chose d’utile. J’en ai même vu un servir de pilier pour une maison. Apparement c’est une sorte de « ligne Maginot » construite pour se protéger d’éventuelles attaques ennemies. Ça n’a apparement pas beaucoup servi.

J’arrive tranquillement dans la ville de Ústí nad Labem et ce n’est pas une partie de plaisir : bande cyclable au bord d’une grande route, paysage industriel, bruit, et la cerise sur le gâteau : des escaliers ! Ce n’est pas une erreur, il y a la petite rampe pour faire monter le vélo et le panneau qui indique qu’il faut monter par-là. Très pratique avec un vélo chargé ! Déjà, la rampe est collée sur le côté donc avec des sacoches c’est galère, et puis c’est super lourd. En descente ce n’est pas mieux, la roue arrière ne reste pas bien sur le rail et j’ai failli tomber. Je remonte sur mon vélo et 500m plus loin voilà d’autres escaliers, plus courts mais en angles droit, quelle bonheur…

La belle idée !

J’admets avoir balancer un certain nombre de gros-mots pendant cet épisode, mais j’ai vite retrouvé mon calme devant le paysage. (Et grâce à la pause casse-croûte qui a suivie.)

Étant partie tôt ce matin (8h20), j’arrive à destination vers 13h. Le camping… est à côté de la voie ferrée. On va faire avec mais j’espère ne pas la suivre jusqu’à l’Autriche. La réceptionniste est aimable comme une tchèque, c’est-à-dire pas du tout aimable. J’ai définitivement abandonné les salutations, les sourires et les signes de tête, ce n’est pas du tout dans les habitudes locales. Bref, la réceptionniste me dit qu’il faut que je m’installe quelque part dans le camping mais pas sur l’aire des campeurs car elle a été entièrement réservée. Je me trouve donc un emplacement à l’ombre, et une fois que j’ai planté deux sardines, un couple danois vient m’annoncer qu’ils ont réservé cet emplacement. On rigole ensemble, je m’installe ailleurs avec validation du papy qui doit culpabiliser de m’avoir virer. Qu’importe, je suis très bien aussi à ma nouvelle place. Il est tôt donc j’en profite pour aller me balader dans la ville.

Je commence par voir cette étrange tour à quelques pas du camping. Je m’approche : c’est un parking à vélo. On pose le vélo à l’endroit indiqué et l’ascenseur l’envoie automatiquement dans une place libre. C’est malin et aucun risque de vol mais il faut faire confiance à la technologie.

Je continue ma promenade et je trouve la ville plutôt chouette. Ça monte et ça descend et il fait très chaud, mais j’y vais tranquillement et c’est sympa.

Je rentre au camping, je réserve mon auberge pour Prague qui n’est plus très loin, je commence à organiser mon séjour là-bas et j’attaque ma routine douche/lessive/préparation du petit-déjeuner/dîner. J’avais espoir d’être débarrassée des douches collectives avec ce nouveau pays mais non. D’ailleurs en allant à la douche j’ai découvert que l’espace tente a été réquisitionné par une équipe de tournage en escale. Il y a des loges de maquillage, je ne m’attendais pas à voir ça.

J’ai un peu ralenti le rythme ces derniers jours. Entre la chaleur, le relief sympa et le manque de camping sur la route j’ai l’occasion de me reposer un peu et ça fait du bien. J’ai même fait une petite sieste cet après-midi. À partir de demain, il fera moins chaud et ça aussi ça va être cool. Mais pour l’instant, il faut que je m’endorme en entendant grincer le train à quelques centaines de mètre de ma tente. A demain !