Étape du jour : 92km / Cumul : 2144km / 30ème jour de vélo / Ce soir, je dors à : Zlatná na Ostrove (Slovaquie)

J’ai fui l’auberge aussi vite que possible, ce matin ! J’ai finalement bien dormi mais entre le bruit dans les couloirs, les gars du dortoir et la chaleur je ne m’y sentais pas super bien et je suis partie avant même de prendre mon petit-déjeuner. J’ai récupéré mon vélo et mes sacoches dans le local et j’ai remarqué qu’un trèfle à 4 feuilles était caché juste en dessous. Était-ce un signe pour le reste de la journée ? Je ne sais pas mais à 7h50 j’étais sur mon vélo et à 8h30 j’étais déjà loin de Bratislava. J’ai retrouvé la rive du Danube, qui est très bien revêtue mais assez monotone et pas très aménagée. J’ai du prendre mon petit-dej assise par terre, faute de banc. Pas grave du tout, c’est un détail mais c’est vrai qu’on s’habitue vite au luxe des bancs et des tables de pique-nique.

Aujourd’hui ça souffle, et fort. Les rafales dépassent les 50km/h mais je constate avec un immense bonheur que le vent m’est favorable : soit il ne me dérange pas, soit il souffle dans mon dos. Je roule super bien et par moment j’ai même l’impression de rouler sur un vélo électrique ! Quel plaisir pour un cycliste ce genre de truc ! Je dois rouler à 25km/h max mais mon compteur-farceur m’affiche des valeurs allant jusqu’à 65km/h ! Je l’allume tous les matins parce que ça me fait bien rire de voir des trucs comme ça.

Plus j’avance plus le Danube devient large et sauvage. Je vois pleins de cygnes, de canards, des petits îlots, des troncs d’arbres qui flottent, de la végétation. De l’autre côté du fleuve, c’est la Hongrie et parfois mon téléphone ne sait plus trop il est est : Slovaquie, Hongrie, il s’y perd alors que je suis toujours bien restée du côté slovaque. Je roule tout au bord de l’eau aujourd’hui, c’est vraiment agréable. Un autre jour j’aurais sûrement pu trouver cette étape hyper monotone : grandes lignes droites, paysage identique, rien ni personne… mais aujourd’hui, partie tôt et ayant le vent dans le dos, j’y vois une opportunité de faire une grande étape et je trouve la route parfaite ! Par moment, entre les vagues, les couleurs et les odeurs j’ai l’impression d’être à la mer.

À part un couple qui roule dans le même sens que moi depuis ce matin, je n’ai croisé que 2 autres cyclos : un mec tout seul et un couple francophone qui m’a lancé un bonjour en français, ce qui m’a fait bien plaisir. Ce tronçon de l’eurovélo n’est pas très fréquenté. Je roule en musique et je chante pendant quasiment toute l’étape. Il n’y a personne alors je fais ma vie, libre comme l’air…

J’ai été efficace et à 14h j’ai déjà parcouru les 92km qui me séparaient du camping (mon compteur-menteur affiche 130km). J’entre et je lis je les papiers affichés : il faut aller dans la cuisine, remplir un formulaire qui se trouve dans une pochette verte accrochée au frigo puis le mettre dans la boîte avec l’argent. J’adore ce genre d’endroit en libre-service. Pour poser ma tente j’ai l’embarras du choix, je suis la seule cliente. À cette heure là ce n’est d’ailleurs pas très étonnant, il est bien tôt ! Le camping est simple mais vraiment chouette, il fait partie d’une petite ferme et on peut y acheter des fromages (en libre-service aussi, il faut payer dans la boîte à côté du frigo). Il y a une cuisine super bien équipée, des tables de pique-nique couvertes, des cordes à linge et même des hamacs et un ballon de rugby (entre autres). J’attaque les 3 grandes étapes incontournables : installer ma tente, aller prendre ma douche et faire la lessive. Après ça, place à la détente dans un hamac !

À 17h30, un autre client arrive, puis un autre. On est donc 3 dans le camping, chacun dans notre espace, tranquille. Je rentre dans la tente car avec le vent il ne fait pas très chaud. Dans la soirée je reçois une réponse d’une auberge à Budapest, ils ont une place pour mon vélo et ça y est, la dernière étape est réservée, ça fait drôle… c’est cool et triste à la fois.

Ce soir je me couche sous la pluie, j’espère que demain sera plus sec car j’ai encore un bon bout de route à parcourir. Que le pouvoir du trèfle à 4 feuilles soit encore avec moi !