Étape du jour : 84km / Cumul : 114km / 1 jour de vélo
Aujourd’hui je prends la route pour la 1ère fois, je décide donc d’aller prendre un bon petit-déjeuner dans un restaurant local qui fait des porridges. Je suis septique, je ne suis pas fan du flocon d’avoine mais comme c’est un petit-déjeuner pratique en itinérance je vais essayer de m’y mettre. Je choisis comme topping : banane, chocolat et beurre de cacahuète. C’était plutôt bon mais très bourratif et ça reste loin d’être mon truc préféré. En tout cas, j’ai donné à mon corps de quoi pédaler !

Je m’élance donc dans Ceopenhague et je suis partagée : je kiffe rouler dans cette ville ! Pourtant je le fais pour la quitter alors je suis un peu triste… mais je démarre un beau voyage ! Bref, je ne sais pas trop sur quel pied danser alors je remémore cette phrase : « Profite parce qu’avant même que tu t’en rendes compte on sera déjà arrivés au bout », c’est Mélodie qui me l’a dit ce matin et c’est très vrai ! Me voilà décidément heureuse de prendre la route.
Je longe l’eau pendant un long moment, j’ai le temps de dire au revoir à la ville, peut-être que je reviendrai ? J’ai tellement de projets qui pourraient passer par là que c’est crédible. J’en profite pour faire une photo et je réalise que la pluie menace… il pleuvra 3 goutes puis fera grand soleil jusqu’à soir !


Au fur et à mesure que j’avance, je vois de plus en plus de panneaux qui indiquent la route que je suis (Eurovelo 7, mais il faut parfois suivre des itinéraires locaux qui portent le numéro 6, puis 9). Je vois même le 1er panneau « Berlin 676km », ça va en faire de la route… et ce n’est que ma 1ere étape ! Bref, pour l’instant, je vais suivre Køge, la ville la plus proche du Shelter que j’ai repéré pour passer la nuit.

Je me trompe un peu mais j’arrive à une écluse et le personnel me remet sur le droit chemin. A la sortie de Copenhague, j’arrive à un carrefour et je suis bien embêtée malgré les panneaux…

Je choisis une direction au pif : raté, je reviens sur mes pas et je reprends la bonne route. Je traverse des ponts qui mènent à différentes petites îles, c’est très chouette, il y a des aires de pique-nique et des toilettes partout, c’est parfait ! D’ailleurs, à Copenhague et autour ,les poubelles des toilettes se présentent sous la forme d’une pince.


Je fais un petit arrêt pour manger, je fais un signe au randonneur que je n’arrête pas de croiser depuis ce matin : je le double, je m’arrête, il me double, quand je repars, je le redouble, on s’amuse comme on peut ! Je retrouve les petites habitudes que j’avais prises sur la Loire à vélo, j’adore !


Sur le reste du parcours, je croise un camp naturiste, beaucoup d’oiseaux, des oies et des canards, et surtout ces 3 adorables vaches :



Je n’avance pas beaucoup car je m’arrête souvent pour regarder le paysage ou aller voir la mer de l’autre côté de la route. Je traverse aussi de sacrés nuages de bestioles…




La route est agréable et bien indiquée… mais ça ne va pas durer ! Une fois les 2 îles traversées, j’arrive à Greve Strand et c’est nul : une interminable ligne droite à côté d’une grande route… je finis par en voir le bout mais ce qui suit n’est pas vraiment mieux. Révélation : il n’y a pas de pistes cyclables partout au Danemark ! Je roule un moment sur la route mais les automobilistes sont respectueux, ils doublent loin et c’est appréciables. J’arrive à un carrefour de la mort et je me demande ce qu’ont fumé les gens qui ont fait l’itinéraire : est-ce vraiment une bonne idée de faire tourner des cyclistes à la sortie d’un virage sur une route nationale ? D’après moi non et j’ai changé d’endroit pour faire la traversée car la visibilité était trop mauvaises et les voitures trop rapides.

La route est ensuite une succession de montées et de descentes dans un endroit qui n’a aucun intérêt, je me redemande ce qui a bien pu passer par la tête des responsables avant de me rendre compte que je ne suis pas sur la bonne route depuis au moins 7km. Aïe… suis-je si nulle que ça ? Non, parce qu’en revenant sur mes pas, je vois le panneau cassé et au ras du sol, je ne pouvais pas le voir par la route d’où je venais. Bref, 15km de rab… c’est le jeu !

La route est de moins en moins bien indiquée, je tourne en rond à un passage et je finis par tomber sur ce panneau qui indique Køge, mais qui me laisse perplexe :

Après 60km dans les jambes, je souffle… bref, je trouve le bon chemin après avoir choisi le mauvais (toujours !), mais la route redevient une interminable ligne droite au bord d’une grande route. Le Danemark est connu pour son réseau cyclable et c’est mérité, mais rien n’indique que les itinéraires sont agréables après tout. Enfin, au moins c’est efficace !
Je finis par arriver à l’endroit où je vais dormir, un Shelter dans une petite ville au bord de la mer. J’espère qu’il y aura de la place pour moi et oui, il n’y a qu’une personne déjà là, Claudia et sa chienne Ocean (prononcé à l’anglaise). Elle est suisse, prof en primaire et voyage dans le nord de l’Europe depuis 10 mois ! On bavarde en mangeant, c’est trop cool.


Le soir, elle me propose de l’accompagner pour balader son chien. Elle me dit qu’on peut laisser nos affaires en toute confiance dans ce pays alors c’est parti. On visite le parc autour de notre Shelter, c’est tout mignon, vraiment agréable. On va ensuite à la mer, et j’ai le droit au 1er « tu as l’air beaucoup plus jeune » du voyage. On tire jusqu’au supermarché, Claudia en profite pour faire quelques achats et je me retrouve dog-sitter pendant ce temps-là. Elle me demande comment j’ai eu l’idée de me mettre à voyager à vélo et je réalise que je n’en sais strictement rien… j’ai pris la décision de le faire, mais j’ai oublié tout le processus qui m’a conduit à ça… On rentre ensuite par la ville et on observe la vie dans les quartiers danois.






Une fois rentrée, je vais aux toilettes de la place du village et je prends mes affaires de toilettes pour profiter du lavabo. J’ai bien fait car même si le sol est un peu cracra et l’ambiance très… urbaine, il y a beaucoup de place, le lavabo est propre, les toilettes aussi et il y a même carrément la clim.

C’est un peu dur la toilette à l’eau gelée dans une salle climatisée à 16 degrés mais au moins je suis toute propre. J’enfile ma tenue chaude pour dormir et je rentre au Shelter. J’emballe mes affaires pour la nuit, je me mets dans mon sac de couchage et je croise les doigts pour ne pas avoir froid !
J’écris mon article quotidien et je réalise que cette journée a été riche en émotions : des hauts, des bas, mais une fin heureuse avec ma copine de bivouac !

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