Aujourd’hui, j’ai envie de me reposer et il va pleuvoir cet après-midi, ça tombe bien ! Je n’ai que 2 choses à faire : la visite du musée des Beaux-Arts et faire des courses. Pour le reste, on verra. Je pars de bonne heure pour profiter de mon ticket de métro d’hier encore valable. J’ai un peu de marche jusqu’au musée mais forcément je suis quand même en avance. Je patiente et je vois les employés arriver et préparer, je me sens comme les clients des Nabines qui débarquaient en avance et me regardaient installer mes filets.
Les traces de l’Eurovision sur le chemin et l’accessibilité à TOUS les feux rouges aux personnes malvoyantesContinue reading
Pas d’horaire à respecter ce matin, je démarre donc la journée tranquillement. J’achète un ticket de métro valable 24h donc demain je m’arrangerai pour partir avant la fin de sa validité, il n’y a pas de petites économies à Vienne ! Au programme de la matinée : le château de Schönsbrunn, ou plutôt les jardins gratuits du château de Schönbrunn, le ticket pour visiter l’intérieur coûtant… 34€.
Étape du jour : 65km / Cumul : 1977km / 28ème jour de vélo / Ce soir, je dors à : Vienne (Autriche)
Réveil de bonne heure obligatoire ce matin pour payer le camping à 8h ! Facile, la petite fille qui m’a emprunté mon savon hier était déjà en train de jouer bruyamment à 6h30. À 8h30 je suis donc sur mon vélo, direction Vienne ! Le route est simple mais chouette. Je suis le Danube, c’est tranquille, ça roule bien, bref, c’est facile ! Je profite du calme et des lignes droites pour m’essayer au vélo sans tenir le guidon. Je ne suis pas rassurée mais j’y arrive quelques secondes et ça me met de bien bonne humeur.
Étape du jour : 80km / Cumul : 1912km / 27ème jour de vélo / Ce soir, je dors à : Zwentendorf (Autriche)
Après cette nuit paisible dans ma maison privatisée, il est temps de quitter Pöchlarn. La route de ce matin est jolie et sympathique mais le vent est assez fort et il arrive d’en face. Ça ralentit pas mal le rythme et c’est frustrant. En tout cas, je remarque que le paysage est nettement plus beau sous le soleil !
Étape du jour : 67km / Cumul : 1832km / 26ème jour de vélo / Ce soir, je dors à : Pöchlarn (Autriche)
Le réveil sonne et j’entends qu’il pleut des cordes… je reste couchée, j’attends une amélioration et 1h plus tard j’estime que je peux sortir. Je fais tout d’un coup : récupérer mes habits de pluie, salle de bain, vaisselle, aller à la réception pour payer. Cette dernière tâche prend un certain temps car je n’ai pas eu le code pour ouvrir la porte et tous les portails sont fermés… j’attends que quelqu’un sorte et je passe avec lui. Une fois que tout est fait, j’ai le droit de rester au camping jusqu’à 11h et je ne m’en prive pas, je reste à l’abri. A 11h pile, je suis donc sur la route !
Étape du jour : 35km / Cumul : 1765km / 25ème jour de vélo / Ce soir, je dors à : Au an der Donau (Autriche)
Puisque je me suis couchée tard hier, je profite de mon lit géant et je ne pars qu’à 10h30 passées. Le programme n’est pas chargé parce que j’ai une visite en chemin. Après 15min de route dans Linz (trop facile grâce aux pistes cyclables de partout) me voilà sur l’Eurovélo 6. Je la connais déjà car la Loire à vélo en fait partie. Elle part de Saint-Brevin-les-Pins et va jusqu’à la mer noire, en Roumanie. Dès les 1ers coups de pédales, c’est le bonheur immédiat. De la piste cyclable, le Danube, des cyclistes (avec option sourire), du beau temps, que demander de plus ?
Étape du jour : 10km / Cumul : 1730km / 24ème jour de vélo / Ce soir, je dors à : Linz (Autriche)
Aujourd’hui je me lève en sachant que la journée va être longue. Je dois quitter le camping à 10h et prendre mon bus à 20h, et rien entre deux. Je ne me sens donc pas très courageuse… je rends les clés de ma petite cabane à 9h59, je monte sur mon vélo et décide que finalement j’ai la journée à tuer et que je ne pédalerai que sur le plat et dans les descentes. Pas besoin de se fatiguer aujourd’hui.
Résultat de la chute de l’autre jour, j’en ai 2 autres comme ça
Étape du jour : 45km / Cumul : 1720km / 23ème jour de vélo / Ce soir, je dors à : Tábor (Tchéquie)
Réveillée à 8h, je reste dans mon chalet jusqu’à 9h50, l’heure pour le quitter étant fixée à 10h. J’en profite ! Comme prévu hier soir, le programme du jour consiste à rejoindre la ville de Tábor pour prendre un bus le lendemain et m’éviter l’horrible traversée de la Tchéquie. Je prends la route pas très motivée par ce qui m’attends…
Étape du jour : 34km / Cumul : 1675km / 22ème jour de vélo / Ce soir, je dors à : Hulín (Tchéquie)
L’orage d’hier m’a empêché de dormir avant un bon moment, je ne m’attendais pas à ce qu’il soit si fort ! J’ai un peu flippé, pourtant habituellement je n’ai pas peur de l’orage et j’aime bien l’écouter. Hier soir dans ma tente, je comptais l’écart de temps entre l’éclair et le tonnerre pour savoir s’il fallait que j’aille me réfugier dans le seul abri accessible : les sanitaires. Mais non, l’orage est resté à bonne distance et j’ai pu dormir quand il s’est arrêté. Je me suis réveillé le lendemain sous une pluie battante et ça ne m’a pas encouragé à sortir, surtout vue l’étape qui m’attendait :
Étape du jour : 55km / Cumul : 1641km / 21ème jour de vélo / Ce soir, je dors à : Týnec nad Sázavou (Tchéquie)
Sentant venir la galère pour sortir de Prague, j’étais sur mon vélo à 8h. Les premiers kilomètres se sont bien passés, j’ai même vu au loin une nouvelle œuvre de David Cerny : Lilith (qui enlace un immeuble). Une fois en ville ça se gâte : il faut rouler dans la circulation et parfois sur les voies de tram, c’est stressant. Ça me fout aussi un peu le cafard de quitter la ville… mais je retrouve les rives de la Vltava et ça va mieux.
Lilith
Pour la suite du trajet, j’ai dû faire un choix : soit continuer sur l’eurovelo 7, me rajouter des kilomètres et souffrir du dénivelé mais profiter d’un super paysage, ou un itinéraire moins costaud (mais pas évident non plus), plus court mais peu intéressant. Ne me sentant pas physiquement prête à assumer la 1ère solution, j’ai choisi la deuxième. Je suis donc désormais sur la Greenway Prague-Vienne. Au début ça va, bien que je me sois tapé une énorme côte dans la forêt et que j’aie dû pousser le vélo. Mais à la sortie du bois, ça devient cauchemardesque. C’est très mal indiqué. Les panneaux changent de numéros sans prévenir : A22, puis A21, A222 puis 11, A8100, A11 et j’en passe ! Comment s’en sortir, les noms des villes ne sont même pas indiqués…
Je décide de mettre mon téléphone sur le guidon et de suivre la trace mais même comme ça c’est n’importe quoi : des routes qui n’existent pas, des travaux… une galère, je n’avance pas. Je me retrouve sur une piste cyclable étroite mais quand même à double sens, je croise un enfant et son père donc je serre bien à droite mais les sacoches s’accrochent dans un morceau de la barrière et je me casse la gueule ! Grrr… mais je n’ai que quelques bleus sur les jambes, tout va bien.
Nouvelle mauvaise nouvelle : mon compteur kilométrique ne fonctionne plus. Il indique des vitesses énormes et le kilométrage est faussé. Désormais je n’aurais plus que des estimations, dommage mais pas dramatique.
Je me lasse de chercher la route à tous les coins de rues donc je choisis de me débrouiller moi-même : j’ouvre Géovélo, je choisis l’itinéraire le plus direct jusqu’à la ville où apparement le balisage devient meilleur et je trace tout droit. Ça monte fort, la route est mauvaise, c’est moche, je roule sur des grandes routes et les tchèques sont de véritables kékés au volant, la différence est énorme avec le Danemark et l’Allemagne !
Pour noircir le tableau, il se met à pleuvoir et pas qu’un peu… j’enfile mes habits de pluie. J’attaque les 10 derniers kilomètres de la journée et à mi-chemin je réalise que j’ai oublié de mettre la housse imperméable sur mon sac à dos… et merde, il est trempé.
La route est une énorme descente, sur les 10km restant j’ai dû descendre sur 9km, c’est déjà ça de pris : pas d’effort ! J’arrive au camping et je suis perplexe : je trouve ça glauque et il n’y a aucun client, je me demande s’il n’est pas fermé. Je fais le tour, je trouve la réception mais je n’entre pas, je ne le sens pas. Je vais m’abriter et je reste un moment sous mon abris à ruminer : je reste, je pars, il va s’arrêter de pleuvoir ? Je n’ai finalement pas trop le choix, il n’y a pas beaucoup de campings, il faudrait reprendre la route pour super longtemps et j’en ai franchement marre de cette journée. Je vais donc à la réception et j’installe ma tente. Il pleut de moins en moins fort et quand j’ai fini l’installation il ne pleut plus. Je trouve une sardine plantée dans le sol et ça tombe bien car j’en avais perdu une. Finalement, une fois la pluie terminée, je le trouve chouette ce camping au bord de l’eau.
Après toutes les corvées faites, je ne sors plus de ma tente. Ce soir, j’écris mon article au son de la pluie et de l’orage, c’est une belle conclusion pour cette journée pourrie.
Allez, au lit, demain est un autre jour de pluie !